Note sur la mutualisation de l’information, et de la communication” dans le cadre du projet « Mutualisons ! »


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1. Définition et intention

L’intention est de travailler à la mise en commun de moyens de communication et d’information, entre initiatives citoyennes

2. Besoins

Dès la réunion de lancement du 23 avril 2018, les participants (40 p.) ont exprimé le besoin de se retrouver et de communiquer dans des lieux partagés : des espaces physiques - on en parlera par ailleurs, dans la partie « mutualisation de lieux » - mais aussi des espaces numériques où il devrait possible d’échanger les idées, de partager des contacts et des savoir-faire (site web, communication, traductions…), de « se faire connaître » (mobiliser des ressources en communication, marketing digital, relations publiques… ). Ou encore, de « partager des solutions aux problèmes rencontrés » et de « nouer des liens avec des personnes animées par des valeurs communes ».

Les ateliers de storytelling et de cartographie ont également mis en lumière l’importance de ces besoins de rencontre et de communication, en indiquant la nécessité d’établir de meilleures synergies entre initiatives ; lesquelles peinent souvent – selon les collectifs - à communiquer vers l’extérieur, à trouver les formes de soutien humain et financier qui leur sont nécessaires, à renforcer leurs rapports d’entraide et à faire converger leurs forces. C’est d’ailleurs devenu une sorte de lieu commun au sein de ces alternatives : “il faut faire converger les luttes”.

Ces difficultés de communication et ce manque de convergence viennent - en partie - du fait que ces alternatives sont poussées à promouvoir leurs activités à travers des systèmes d’information et de communication qui les divisent, les polarisent et leur sont fondamentalement défavorables : un ensemble de plateformes qui les déssaisissent de leurs propres données (y compris de celles qu’ils souhaitent garder “privées”) et de leurs propres réseaux sociaux (GAFAM).

Cette fragmentation et ce déséquilibre des rapports d’information et de communication en ligne requiert des solutions locales : certains acteurs locaux, bruxellois – comme Nubo, Domaine Public et Neutrinet - ont déjà posé les bases d’une reprise en main de nos réseaux de communication. Les ateliers - notamment l’atelier cartographique de 27 juin 2018 - a montré que les porteurs d’alternatives bruxelloises sont désireux de basculer vers des outils de communication dont ils seraient maîtres, pour autant qu’on les y aide, et que leur “prise en main” n’implique pas de surcharge de travail (accessibilité, lisibilité, simplicité…).

3. Avantages, opportunités et risques

Un système d’information et de communication libre, utile aux alternatives locales pourrait – c’est une hypothèse - accroître leur impact, renforcer les synergies et faciliter un saut d’échelle. Quels sont les appuis dont il est possible de bénéficier en RBC, pour pousser à l’émergence d’un tel dispositif ? : il y a une série d’acteurs qui sont déjà engagés dans cette mise en réseau des alternatives (Démosphère, Dewey, BMDE, Indymédia…), acteurs du libre (Domaine public, Nubo, InCommon), médias radiophoniques et écrits (RadioPanik, BEM, autres médias communautaires et locaux) …

Quels sont les risques ? C’est le manque d’accessibilité, le risque de développer un outil qui réinvente la poudre, fasse concurrence avec des outils existants ou ne soit tout simplement pas utilisé. Le risque de produire une information qui ne soit pas de meilleure qualité, le risque de se perdre dans des tâches chronophage, de mise à jour, le risque de laisser le projet entre un trop petit nombre de mains etc.

On voit que les questions de gouvernance, d’organisation interne et de transparence sont centrales. Pour éviter les risques en matière de concentration de la prise de décision, il faudra (1) prévoir des moments de concertation, entre le comité de pilotage, le GP et les co-chercheurs (intelligence collective) et (2) faire en sorte que les conditions d’élaboration et de gestion de l’outil puissent être observées et décrites par tous les participants (au sein de la plateforme Alternative’Mut).

Pour s’autonomiser de GAFAM et y substituer des outils libres (Google-free city), Shaw et Graham proposent de commencer par (se) poser la question de Benn : “What power have you got?; Where did you get it?; In whose interests do you use it?; To whom are you accountable?; And, how can we get rid of you?” (Shaw & Graham 2017). https://onlinelibrary.wiley.com/doi/pdf/10.1111/anti.12312

Comment intégrer le partage d’info dans un cadre de coopération plus large à l’échelle bruxelloise ? (voir: MARES Madrid et cooperative city) ? Communiquer sur les services des alternatives qui appartiennent au projet (gros boulot… mais pourrait se faire via personnel engagé via groupement d’employeur) Narratif… développer un imaginaire au projet

4. Mise en œuvre

Sur base des trois points précédents - définitions & intentions, besoins et risques & opportunités - on peut commencer à imaginer un scénario de développement d’une “mutuelle info’com” qui indique les étapes qui pourront être suivies, si elles sont validées .

Étape A : mutualisation de la gestion de données

Proposer - dans un premier temps - une mise en commun, et une mutualisation de la gestion de données (base de documentation commune et calendrier partagé) : cela permettrait à la fois un enrichissement des ‘biens communs informationnels’ qui intéressent les alternatives et un allègement de la charge de travail que représente la mise à jour de ces données. Si on se place dans l’hypothèse que la mutualisation de données renforce l’accroissement d’impact et d’échelle des alternatives bruxelloises, alors la permière question à se poser est la suivante : "quelles données les collectifs concernés sont-ils désireux mettre en partage, et à quelles conditions ? Cette questiona commencé à être traitée lors de l’atelier cartographique de juin 2018, au cours duquel nous avons établi les conditions d’accès à une “base des données des alternatives” (BMDE) (https://incommon.cc).

Nous avons délimité un ensemble d’alternatives locales (association de fait, asbl, sociétés à finalité sociale etc.) intéressées par la “mutualisation” et qui s’entendent sur une série de principes fondamentaux4 : ce qu’on partage et comment on le partage (visée de bien commun, finalité sociale, accessibilité, licences non-propriétaires, etc.).

A ce jour, plusieurs scénarios sont envisageables - pour poser les bases de cette mutualisation de données - et elles restent à valider. Une des pistes serait de mettre en place un système de mise en commun de données via une API commune : c’est une tâche sur laquelle nous travaillerons en lien avec In Common. Ce travail comprendra un versant technique, qui ne sera pas facilement accessible aux co-chercheurs. Mais, nous veillerons à mettre en place plusieurs moments d’échange et de concertation entre les co-chercheurs qui souhaitent mutualiser leurs données et l’équipe technique qui devra les y aider.

Etape B : conception d’un outil de communication libre et équitable (pour les alt. bruxelloises) (voir aussi point 2)

En plus de la mutualisation des données, les alternatives ressentent le besoin de mutualiser leurs moyens de communication (newsletter, site web, outils de réseautage social etc.), outils qui tendent eux aussi à converger vers un plateforme des alternatives bruxelloises. L’outil BMDE constitue une première forme de réponse à ce besoin d’une “plateforme commune”. D’autres sites - comme Démosphère - jouent également ce rôle de “plateformes des alternatives” ; qui peuvent se compléter et se renforcer mutuellement plutôt que de se faire de l’ombre.

Alternative’mut veillera ici à proposer une mise en lien de ces différentes plateformes sur base du travail accompli au niveau de la mutualisation de données (2.1). Il ne s’agira donc pas de proposer - au sein d’Alternative’Mut - une n-ième plateforme de mise en valeur des alternatives, mais de faire converger les plateformes existantes vers un système de gestion commune de données, qui pourront être déclinées de différentes façons, sur différents sites. Une plateforme sera toutefois créée par Alternative’Mut pour rendre compte des étapes du développement de la mutuelle “info et communication”, et de ses applications possibles dans tout les domaines de ce projet de recherche action : "mutualisation de forces vives"5, “mutualisation de lieux etc”.


Le choix des prestataires de services fera l’objet d’un appel d’offre, qui sera transmis à une série d’acteurs, dont voici la liste (non-exhaustive). En ce qui concerne les “Serveurs auto-hébergés, VPN” : “Domaine Public” et “Neutrinet” (Laurent Peuch). En ce qui concerne l’accès aux outils libres, et leur prise en main : Nubo (https://nubo.coop/fr). Pour la Cartographie: OSMBelgium, InCommon (HK), Champs-Libres SCRL-FS (Marc Ducobu), et CherryPulp (Daniel Sum). Pour le choix le front-end et l’aide pour le Développement web : Co-Labs et Cherry Pulp (Daniel Sum).